Le dépistage des cancers en Seine-Saint-Denis
- La population de Seine-Saint-Denis face au cancer
- Le diagnostic précoce des cancers : un intérêt individuel et collectif
- La nécessité des dépistages organisés
- Le Comité départemental des cancers de la Seine-Saint-Denis
- Partenaires
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La population de la Seine-Saint-Denis face au cancer
1,4 million d’habitants en Seine-Saint-Denis
310 000 hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans concernés par les programmes de dépistage
La démographie des personnes concernées par les dépistages croît régulièrement ; cette tendance se confirmera dans les prochaines années.
Le cancer : un problème préoccupant depuis plusieurs années
En Seine-Saint-Denis, le cancer est la première cause de mortalité dans la population et présente une surmortalité qui reste significative par rapport au niveau régional et national.
D’après les dernières données disponibles, en moyenne, 2 628 décès sont enregistrés chaque année sur la période 2000-2002 en Seine-Saint-Denis (35 % des décès masculins - 26 % des décès féminins en Seine-Saint-Denis). (données Inserm Cépi-DC).
D’après les dernières analyses épidémiologiques de l’ORS Île-de-France la mortalité par cancer tend à décroître dans le département depuis une dizaine d’années, notamment chez les hommes (- 26,4 %), mais aussi chez les femmes (-12,9 %) (ORSIF juin 2006 épidémiologie des cancers en île de France).
Le plus important reste globalement le cancer de la trachée, des bronches et du poumon avec 545 décès annuels en moyenne, soit 20 % des décès par cancer. (données Inserm Cépi-DC).
Concernant plus particulièrement la mission de dépistage du Comité départemental des cancers, on observe une moyenne annuelle de :
- 247 décès par cancer de l’intestin, soit 9,3 % des décès par cancer, également répartis chez les hommes et chez les femmes.
- 200 décès par cancer du sein, soit 7,6 % des décès par cancer et 18,8 % des décès féminins. Avec un taux de 31,2/100 000, le département est en situation de surmortalité par rapport au niveau national comme les autres départements de l’Île-de-France.
Pour la période 1998-2000, on note une surmortalité par tumeurs en Seine-Saint-Denis par rapport à la France entière et à la région francilienne. L’indice comparatif de mortalité montre une nette disparité géographique : pour 100 décès masculins par cancer, on en constate 94 en Île-de-France et 109 en Seine-Saint-Denis, et pour 100 décès féminins en France, 104 en Île-de-France et 108 en Seine-Saint-Denis (ORSIF et Conseil général de Seine-Saint-Denis : la Santé observée 2005).

L’analyse des données disponibles concernant les cancers en région Île-de-France montre des disparités départementales. En ce qui concerne la mortalité chez les hommes, la situation paraît favorable dans le centre et l’ouest de la région par rapport à la moyenne nationale. En revanche, elle est beaucoup moins dans le nord et l’est de la région en particulier pour la Seine-Saint-Denis. Pour les femmes la situation est globalement moins favorable en Île-de-France qu’au niveau national. La Seine-Saint-Denis fait partie des quatre départements présentant une mortalité par cancer plus élevée significativement supérieure à la moyenne nationale (ORSIF juin 2006).
Une surmortalité prématurée due aux cancers
Pour la période 19982000 les tumeurs constituent également la première cause de mortalité prématurée (décès avant 65 ans). Le poids des tumeurs dans la mortalité prématurée est plus important chez les femmes (41 %) que chez les hommes (37 %). Les cancers du poumon et des voies aéro-digestives supérieures en sont principalement responsables chez les hommes et les cancers du sein chez les femmes (ORSIF et Conseil général de Seine-Saint-Denis : la Santé observée 2005).
Les populations précaires plus exposées
Au-delà des chiffres globaux, il existe des populations plus atteintes que d’autres par le cancer.
La corrélation entre le profil socioéconomique de la population et les indices de surmortalité et de surmortalité prématurée existe et s’observe particulièrement pour la maladie cancéreuse. De façon générale, l’ensemble des observations montrent un excès de risques pour les hommes dans les classes sociales défavorisées notamment pour les cancers des poumons et des voies aéro-digestives supérieures, qui ne peut être expliqué uniquement par les facteurs de risques classiquement évoqués alcool et tabac. L’exposition à des cancérogènes dans l’environnement professionnel est de plus en plus souvent évoquée. Cette corrélation a été également observée pour le cancer du sein.
Le profil socioéconomique et les indicateurs présents en Seine-Saint-Denis ne peuvent qu’alerter sur cette situation :
- le revenu moyen annuel par foyer fiscal le plus faible de la région 13 420 € pour 18 850 € en Île-de-France, et 14 635 € en France métropolitaine en 2000 ;
- le taux de chômage le plus élevé de la région en 2002 avec 12,4 % de la population active à la recherche d’un emploi contre 8,7 % en Île-de-France et 9,1 % en France ;
- une espérance de vie à 60 ans inférieure à la moyenne régionale : 20,2 ans pour les hommes et 25,2 ans pour les femmes contre respectivement 21,0 et 25,7 en Île-de-France.
