Le dépistage des cancers en Seine-Saint-Denis
- La population de Seine-Saint-Denis face au cancer
- Le diagnostic précoce des cancers : un intérêt individuel et collectif
- La nécessité des dépistages organisés
- Le Comité départemental des cancers de la Seine-Saint-Denis
- Partenaires
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Le diagnostic précoce des cancers :
un intérêt individuel et collectif
Le pronostic de la maladie est étroitement corrélé au stade de diagnostic et donc à la nécessité d’un diagnostic précoce. L’intérêt est individuel sur la survie et la qualité de vie, et collectif pour réduire le poids et les conséquences de cette maladie dans la société.
Pour que ce bénéfice apparaisse au niveau collectif, il est nécessaire que ces procédures permettant le diagnostic précoce soient systématisées à l’ensemble de la population concernée et répétées régulièrement.
Pour le cancer du sein
En Seine-Saint-Denis, le cancer est la première cause de mortalité dans la population et présente une surmortalité qui reste significative par rapport au niveau régional et national.
Trois critères conditionnent la probabilité de survie (source Namer M et col. Revue du praticien 1998) :
la taille de la tumeur
| Taille tumorale en cm | Classe pTNM | % de survie à 5 ans |
|---|---|---|
| < 0,5 | T1a | 96,2 |
| 0,5 - 0,9 | T1b | 94,8 |
| 1 - 1,9 | T1c | 85,8 |
| 2 - 2,9 | T2 | 84,3 |
| 3 - 3,9 | T2 | 77 |
| 4 - 4,9 | T2 | 70,3 |
| ≥ 5 | T3 | 62,7 |
l’envahissement ganglionnaire

le grade histopronostique
La méthode d’évaluation la plus couramment utilisée est celle de Scarff, Bloom et Richardson. Elle prend en compte l’architecture tumorale, les atypies cytonucléaires et l’index mitotique.
| Cote | Degré de
différenciation |
Degré d’anisonucléose | Activité mitotique |
|---|---|---|---|
| 1 | partout cavités glanduliformes | noyaux tous réguliers | maximum 1 mitose par champ |
| 2 | association de cavités et de travées | irrégularités modérées | maximum 2 mitoses par champ |
| 3 | aucune cavité glanduliforme trouvée | nombreuses monstruosité nucléaires | au moins 3 mitoses par champ |
- Si total cotes = 3, 4 ou 5 = grade 1, pronostic favorable
- Si total cotes = 6 ou 7 = grade 2, pronostic moyen
- Si total cotes = 8 ou 9 = grade 3, pronostic défavorable
L’importance du dépistage est soulignée par le Dr Marc Espié (cancérologue responsable du Centre des maladies du sein à l’Hôpital Saint-Louis à Paris), pour qui la chimiothérapie et l’hormonothérapie ont apporté 10 % de gains sur la mortalité contre 15 à 30 % observés par le dépistage.
Pour le cancer du côlon-rectum
Les résultats de l‘ensemble des études s’accordent sur un taux de 60 % à 80 % des cancers se développant à partir d’un polype adénomateux.
Comme pour la plupart des cancers, le pronostic dépend de la taille, du niveau d’envahissement locorégional, de l’envahissement ganglionnaire, de la présence de métastases.
Le taux de survie actuel global est autour de 53 % (conférence de consensus 1998).
Le pronostic dépend du stade d’évolution au moment du diagnostic.
| Survie relative à 5 ans | Survie relative à 12 ans | |
|---|---|---|
| Stade I : extension dans la paroi, au maximum jusqu'à la musculeuse. | 94 % | 90 % |
| Stade II : cancers dépassant la musculeuse et pouvant s'étendre à un organe adjacent voisin. | 80 % | 65 % |
| Stade III : métastase dans les ganglions. | 47 % | 36 % |
| Stade IV : métastase à un autre organe à distance (foie ou poumon le plus souvent). | 5 % | 3 % |
Source : FRANCIM (Réseau français des registres du cancer) 1990.
Les résultats du dépistage systématique sont cohérents sur de nombreuses études : le dépistage systématique tous les 2 ans des cancers colorectaux réduit sa mortalité mais aussi son incidence. Avec une participation d’au moins 50 % de la population concernée, la mortalité recule de 15 à 18 % en population générale entre 50 et 74 ans.
