Informer et éduquer à la santé
Prenons l’exemple des cancers pour lesquels un dépistage organisé existe (sein, col de l’utérus, colorectal). Beaucoup de patientes et patients reçoivent un courrier d’invitation de l’Assurance Maladie, mais nombre d'entre eux n’en comprennent pas le sens, ou hésitent à se déplacer. Le médecin traitant détaille alors, durant la consultation, pourquoi ce dépistage est proposé et l’importance de l’effectuer, s’adaptant au contexte culturel, linguistique ou social de chacun. En 2021, la Haute Autorité de Santé soulignait d’ailleurs ce besoin de personnalisation et de pédagogie pour augmenter l’adhésion au dépistage (Source : HAS, « Dépistage organisé du cancer »).
Mais son rôle ne se limite pas au dépistage organisé. Il lui revient aussi de repérer, parmi sa patientèle, celles et ceux qui pourraient, en raison de leur histoire personnelle ou familiale ou d’une exposition particulière, justifier un dépistage plus précoce ou plus fréquent. C’est ce qu’on appelle le dépistage individuel.
Identifier les personnes à risque
- Antécédents familiaux (exemple : plusieurs cas de cancer du sein ou colorectal dans la famille)
- Facteurs de risque spécifiques (tabagisme, surpoids, infections chroniques…)
- Origine géographique ou parcours de vie (certaines populations, comme les femmes ayant vécu l’excision ou n’ayant jamais eu de frottis, nécessitent une vigilance accrue pour le dépistage du cancer du col de l’utérus)
Le médecin traitant recense ces éléments, parfois invisibles pour l’administration, et les place au cœur du suivi. C’est là l’avantage d’une médecine personnalisée, adaptée à la réalité de chaque patient.
Prescrire et organiser les examens
- Remise de kits ou d’ordonnances : Pour le dépistage colorectal, par exemple, le médecin peut remettre directement le kit à son patient, photos et explications à l’appui.
- Prises de rendez-vous : Pour un frottis ou une mammographie, il aide à identifier un centre accessible, à proximité ou qui pourra prendre en compte les éventuelles barrières linguistiques ou logistiques.
Réaliser certains actes de dépistage
Dans son cabinet, le médecin peut parfois réaliser directement certains examens simples. Par exemple :
- Un examen clinique des seins lors d’une consultation annuelle
- Un frottis du col de l’utérus
Certains médecins, particulièrement en médecine générale dans les centres de santé de Seine-Saint-Denis, s’organisent en équipe avec des sages-femmes, des infirmiers ou des spécialistes, afin d’assurer un suivi global et adapté.
Réduire les barrières et accompagner le patient
- Lutter contre les idées reçues : Peur des résultats, hésitation à parler de certains symptômes, fausse croyance sur l’inutilité du dépistage à un certain âge… Le médecin explique, rassure, prend le temps.
- Aider aux démarches : Pour celles et ceux en situation de précarité ou maîtrisant mal le français, le médecin traitant prend parfois un rôle d’intermédiation, facilitant la prise de rendez-vous ou l’accès au centre de dépistage.
- Assurer le suivi : Il rappelle, relance, s’assure de la réception puis de la compréhension des résultats, ce qui limite le risque de rupture dans la chaîne du dépistage.