En France, trois cancers font l’objet d’un programme national de dépistage organisé :
- Le cancer du sein (femmes de 50 à 74 ans)
- Le cancer colorectal (hommes et femmes de 50 à 74 ans)
- Le cancer du col de l’utérus (femmes de 25 à 65 ans, en structure ou en ville)
En pratique, en EHPAD, le dépistage porte quasi-exclusivement sur les deux premiers : sein et colon. Le dépistage du cancer du col de l’utérus est très limité chez les résidentes âgées, pour des raisons d’âge mais aussi d’indication médicale, la balance bénéfice/risque étant différente au-delà de 65 ans.
Le cancer du sein : quelle place du dépistage après 74 ans ?
Le cancer du sein reste la première cause de mortalité par cancer chez la femme de plus de 65 ans (Santé Publique France). Or, la tranche d’âge officielle pour le dépistage organisé s’arrête à 74 ans. Pour une résidente d’EHPAD plus âgée, le dépistage doit se réfléchir au cas par cas, en fonction de l’état de santé général, de l’espérance de vie estimée, de l’autonomie et du souhait de la personne.
- En Seine-Saint-Denis, certains EHPAD facilitent l’accès à la mammographie en lien avec des cabinets mobiles ou des partenariats hospitaliers. Mais la logistique (déplacement, confort, anxiété) limite souvent cette pratique.
- Pour une femme âgée, le médecin traitant évalue si un dépistage est pertinent — s’il existe une bonne autonomie, peu de comorbidités lourdes et un bénéfice attendu.
- Dans la pratique, le nombre de dépistages du sein réalisés en EHPAD reste très faible au-delà de 80 ans (INCa).
Le cancer colorectal : un dépistage réalisable en EHPAD
Le cancer colorectal touche particulièrement les plus de 65 ans (âge médian au diagnostic : 72 ans ; INCa, 2023). Le test de recherche de sang dans les selles (test immunologique) permet un dépistage simple, non invasif, qui peut être pratiqué en EHPAD.
- Le kit de dépistage, distribué tous les deux ans pour les 50–74 ans, peut être utilisé jusqu’à cet âge pour les résidents — parfois plus âgés en fonction de leur état de santé.
- Ce test est facile à transmettre et à réaliser : il ne nécessite pas de déplacement en structure de radiologie ou en ville.
- La réalisation du test, puis l’envoi du prélèvement au laboratoire, impose cependant un accompagnement par le personnel ou la famille, pour s’assurer que toutes les étapes sont respectées.
Si un résultat revient positif, une coloscopie est indiquée. Or, en EHPAD, cet examen lourd sera réévalué selon le niveau de dépendance et le profil médical de la personne.