Face à ces freins, plusieurs initiatives territoriales ou nationales cherchent à réduire l’iniquité d’accès au dépistage. Voici quelques exemples en Seine-Saint-Denis.
1. Les équipes mobiles de santé
Les structures médicales mobiles, souvent portées par des associations comme l’APASO, Aurore, ou La Sauvegarde 93, se déplacent directement dans les foyers et structures d’hébergement. Ces équipes pluridisciplinaires (infirmier·e·s, médecins, travailleurs sociaux) :
- réalisent des actions de sensibilisation (information, rappels sur l’importance du dépistage)
- peuvent proposer des entretiens individuels
- accompagnent parfois physiquement les résidents aux rendez-vous médicaux
En 2022, les équipes mobiles du 93 ont rencontré plus de 4000 personnes en situation de précarité, dont 60 % ignoraient leur droit au dépistage (source : ORS Île-de-France).
2. Des maraudes santé et des dispositifs spécifiques
En Seine-Saint-Denis, le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO), la PASS (Permanence d’Accès aux Soins de Santé) de certains hôpitaux comme Avicenne à Bobigny, ou encore les Centres d’Accueil et d’Écoute Santé Jeunes, sont des portes d’entrée essentielles pour orienter, informer, voire initier les démarches de dépistage.
- La PASS peut effectuer un repérage et organisera un accompagnement personnalisé (traduction, facilitation de la prise de rendez-vous, etc.)
- Des campagnes ponctuelles de dépistage se déplacent également dans certaines structures (ex : “Octobre Rose”) pour proposer des bilans ou des tests sur place
3. Le rôle des acteurs associatifs de terrain
Des associations locales comme Ikambere, la Halte Femmes, Solthis, Agir pour la Santé des Femmes (ADSF) sont très actives. Leur ancrage dans la vie des structures leur permet de mener des ateliers sur la santé sexuelle, lever les tabous autour du cancer, informer dans la langue d’origine, rassurer sur les modalités de dépistage et accompagner “dans la vraie vie”.
Parfois, ces bénévoles proposent même un co-accompagnement physique : une femme d’un foyer va se faire dépister… parce qu’une médiatrice ou une “ambassadrice santé” l’a prise par la main.