Les examens prescrits dans le cadre d’un dépistage individuel dépendent de plusieurs éléments : âge, antécédents familiaux, facteurs de risque (maladies inflammatoires chroniques, habitudes toxiques…), et des symptômes évoqués.
- Le test immunologique fécal (FIT)
- La colonoscopie
- La sigmoïdoscopie
- La recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) traditionnelle
- L’échographie abdominale
- Le scanner abdomino-pelvien
- L’endoscopie digestive haute (fibroscopie œso-gastro-duodénale)
- Le dosage de marqueurs tumoraux (dans des cas très spécifiques)
Test immunologique fécal (FIT) : le plus accessible
C’est le test recommandé en première intention quand il y a un risque intermédiaire (antécédents familiaux, ou symptômes digestifs discrets). Il recherche du sang invisible à l’œil nu dans les selles.
Ce test est habituellement utilisé dans le dépistage organisé, mais il peut être prescrit individuellement dès 40 ans ou plus tôt, si antécédents familiaux (par exemple un parent au premier degré touché avant 60 ans), ou si présence de symptômes minimes (saignement rectal occasionnel, modification récente du transit inexpliquée, perte de poids). La réalisation est possible à domicile : simple, indolore, pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie.
À savoir : En Seine-Saint-Denis, le taux de retour des kits est en dessous de la moyenne nationale (38,6 % contre 52 % selon l’Assurance Maladie en 2022). Ce chiffre illustre la nécessité de soutenir l’information et d’outiller chaque habitant pour oser demander ce test ou l’utiliser correctement.
La colonoscopie : l’examen de référence pour visualiser tout le côlon
Si le test immunologique est positif, ou si la situation impose un exploration plus poussée (plusieurs membres touchés dans la famille, symptômes évocateurs, maladie inflammatoire chronique de l’intestin…), la colonoscopie s’impose.
Cette exploration sous anesthésie permet de voir de près la muqueuse du côlon et de retirer d’éventuels polypes (lésions précancéreuses). Elle est réalisée par un gastro-entérologue, dans un établissement disposant d’un plateau technique adapté : en Seine-Saint-Denis, cela concerne une dizaine d’hôpitaux (Avicenne, Delafontaine…) et de cliniques.
Quelques chiffres :
- En France, 15 à 20% des colonoscopies réalisées en dépistage trouvent des polypes (Société Française d'Endoscopie Digestive).
- Le taux de complication (perforation, saignement) reste faible : 0,1 à 0,2%.
Sigmoïdoscopie : plus ciblée mais moins prescrite en première intention
Cet examen explore la partie basse du côlon. Il n'est plus proposé systématiquement en France en première intention, mais peut rester utile localement en cas de difficulté d’accès à la colonoscopie complète, ou si les symptômes sont localisés au rectosigmoïde (hémorragie, suspicion de polype basal…).
Recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) : l’ancien test
Avant le FIT, la guaiac était utilisée. On la retrouve encore parfois, notamment en cas de suspicion sur du matériel non adapté ou comme étape intermédiaire dans certains laboratoires. À noter que le test immunologique est plus sensible et plus spécifique, donc généralement préféré.
Endoscopie digestive haute (fibroscopie œso-gastro-duodénale)
Utile pour explorer directement l’œsophage, l’estomac et le début du duodénum en cas de :
- Saignements d’origine haute
- Douleurs gastriques persistantes, amaigrissement
- Antécédent familial ou personnel de cancer gastrique
- Brûlures chroniques ou vomissements répétés
En Seine-Saint-Denis, la filière d’accès est souvent hospitalière, mais certains cabinets de ville peuvent également la proposer, notamment à Saint-Denis et Montreuil. C’est un examen court, réalisé la plupart du temps sous anesthésie locale ou sédation brève.
Échographie abdominale et scanner
L’échographie ne dépiste pas le cancer colorectal mais peut aider en cas de suspicion de lésion sur le foie, le pancréas ou d’adénopathies. Le scanner abdomino-pelvien est demandé lorsque l’on craint une lésion profonde, une extension, ou pour surveiller certaines situations à risque (exemples : antécédents de polypes géants, maladie de Crohn sévère…).
Le dosage des marqueurs tumoraux : utilité limitée
Il existe des marqueurs (CEA, CA 19-9…) dosés dans le sang. Toutefois, ces marqueurs ne sont pas recommandés pour le dépistage chez les personnes sans symptômes, car ils peuvent être élevés pour d'autres raisons et manquer de sensibilité.
Leur prescription vise surtout le suivi de patients déjà traités ou en cas de suspicion avancée, et non le dépistage initial (HAS).